La grande majorité des chercheurs ayant travaillé sur les effets de l'entraînement mental sur la performance font état d'effets positifs (Feltz 1983, Tod2003). En revanche lorsqu'il s'agit d'apporter des réponses précises concernant les mécanismes mis en jeu. aucun consensus réel n'existe à ce jour entre les auteurs. Plusieurs hypothèses sont cependant avancées actuellement.

L'HYPOTHÈSE NEUROMUSCULAIRE OU MÉTABOLIQUE

Cette hypothèse sous-entend que l'état émotionnel du sujet augmente la mobilisation de ses ressources physiques, en agissant en particulier sur le recrutement et la synchronisation des unités motrices. Il est possible aussi qu'un monologue positif intérieur agressif (exemple : « Je vais écraser mon adversaire ») entraîne une sécrétion importante de catécholamines (adrénaline et nora¬drénaline) qui agissent directement sur la libération des substrats énergétiques disponibles.

L'HYPOTHÈSE DE LA DIVERSION

Dans beaucoup de disciplines sportives de compétition, la douleur générée par l'intensité de l'exercice est souvent un facteur limitant de la performance. Les stratégies associatives ou d'activation émotionnelle permettent d'atténuer momentanément la douleur en se concentrant sur des indices physiologiques (respiration) ou des facteurs d'exécution de la tâche (amplitude ou fréquence gestuelle).

L'HYPOTHÈSE DE LA DIMINUTION DE L'ANXIÉTÉ

L'anxiété a pour effet connu une augmentation du tonus musculaire qui modifie la coordination motrice de l'individu. Un travail de relaxation avant une épreuve permettrait de neutraliser les effets négatifs de l'anxiété en favorisant le relâchement musculaire et la fluidité du geste. Cette double action aurait pour avantage de diminuer la dépense énergétique et d'augmenter la précision du geste. dans des tâches nécessitant une coordination motrice fine (amorti au tennis. tir à l'arc).

L'HYPOTHÈSE COGNITIVE

Le gain de performance consécutif à l'entraînement mental pourrait résulter d'une meilleure organisation séquentielle du mouvement. En effet, l'efficacité de [imagerie mentale serait liée aux possibilités qu'elle offre au sujet d'élaborer une représentation de la situation de sa propre performance. Le rôle fonctionnel de l'imagerie se situerait au niveau de la représentation de la tâche à réaliser. Cette amélioration serait liée à des changements neuronaux intervenant à des niveaux supérieurs comme la programmation et la planification de l'action. De plus, l'imagerie mentale permettrait d'augmenter l'intensité de la concentration de l'athlète qui fixe son attention sur les éléments essentiels de la tâche en occultant toutes les pensées parasites externes.

L'HYPOTHÈSE MÉTACOGNITIVE

Cette hypothèse pourrait se justifier par le fait que certaines techniques comme la fixation de but invitent l'athlète à réfléchir sur sa pratique et plus particulièrement sur les stratégies et moyens mis en oeuvre pour améliorer ses performances. Une telle démarche conduit l'athlète à rationaliser ses méthodes d'entraînement s'il désire atteindre les objectifs qu'il s'est fixés et contribue indirecte¬ment à améliorer son niveau de performance.

L'HYPOTHÈSE SOCIALE

Le recours à l'entraînement mental ne peut s'envisager sans une étroite collaboration entre l'athlète, l'entraîneur et l'intervenant en psychologie du sport. Cette collaboration se construit sur la base d'une relation de respect et de confiance qui enrichit la nature des échanges entre les différents acteurs. Par conséquent, comme le soulignent Patrick et Hrycaiko (1998), l'entraînement mental permettrait de rompre avec la monotonie des séances de préparation physique et rendrait l'entraînement physique plus agréable.

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