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La course à pied est-elle juste une forme plus rapide de la marche ?
Existe-t-il une manière correcte de courir ?
Puis-je améliorer mon style de course ?
Autant de questions que posent de nombreux coureurs à pied aux experts dans ce domaine, qu'ils soient docteurs, thérapeutes, entraîneurs ou simplement des coureurs plus expérimentés. Répondre à ces questions est compliqué, mais en fin de compte possible avec un peu de connaissance en science de l'exercice.

Cycle de la foulée

On peut comprendre la course à pied par l'analyse du cycle de la foulée. Contrairement à la marche, qui se définit comme une allure dans laquelle les deux pieds sont posés simultanément au sol au cours d'un cycle, la course à pied se caractérise par le fait que les pieds sont tous les deux décollés du sol au cours d'un cycle (un cycle désigne la période entre le moment où un pied touche le sol et le moment où il le touche de nouveau). Les deux phases du cycle de la foulée sont la phase d'appui, ou de soutien, et la phase de suspension, ou aérienne. Lorsqu'une jambe est dans la phase d'appui, l'autre est en phase de suspension.

La phase d'appui est marquée par le contact initial du pied avec le sol (attaque du talon), le déroulé du pied jusqu'à la poussée de la pointe et l'impulsion. Cette phase a été mesu¬rée comme correspondant à 40 % du cycle de la foulée. Néanmoins, pour les athlètes de haut niveau en endurance et en sprint, elle est beau¬coup moins importante. La phase de suspension commence avec la flottaison, qui se transforme en cycle avant ou cycle arrière et se finit avec la réception qui entame le cycle suivant. Dans l'il¬lustration, le membre inférieur droit est en phase d'appui (en contact avec le sol) et le gauche est en phase de suspension et se prépare à entrer en contact avec le sol.

Cycle de la foulée : -  a) contact initial ; b) phase de soutien ; c) propulsion et d) phase de cycle avant.

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Phase d'appui

Le groupe des quadriceps, en particulier le muscle droit de la cuisse, est extrêmement actif avant le contact initial. Une fois le contact établi, les muscles, les tendons, les os et les articulations du pied et de la jambe se mobilisent pour amortir l'impact de la réception. il se produit trois mouvements du pied liés mais séparés : l'inversion et l'éversion de l'articulation subtalaire, l'abduction ou l'adduction du médio-pied, la flexion dorsale et la flexion plantaire de l'avant-pied. Dans l'idéal, par cette interaction de l'anatomie de la jambe, il se crée une légère pronation, basculement vers l'intérieur de l'arrière du pied_ Cette pronation permet d'amortir le choc de la réception en étalant l'impact sur toute la surface du pied au moment du soutien. Un pied sous-pronateur est moins préparé à amortir l'impact de la réception, car seule sa partie latérale est en contact avec le sol. Ce type de biomécanique peut entraîner des tensions au niveau des tendons calcanéens, des claquages sur les muscles postérieurs de la cuisse, des douleurs du genou latéral et le syndrome de la bandelette ilio-tibia, À l'inverse, un pied surpronateur au moment du soutien peut engendrer des douleurs du tibia, des blessures de la cuisse antérieure et des douleurs du côté médial du genou du fait de la rotation interne du tibia. Sans pour autant qu'elle soit extrême, il est préférable d'avoir une voûte haute, rigide en sous-pronation ou supination, ou une voûte basse hypermobile. Une pronation de faible à modérée est normale et très efficace pour combattre la tension de l'impact...

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Phase de suspension

Après le contact initial et te positionnement en soutien, les ischio-jambiers et les fléchisseurs de la hanche, les quadriceps et les muscles du mollet (gastrocnémien et soléaire) s'unissent pour assurer la propulsion. Lorsqu'un membre inférieur exécute son cycle de foulée, l'autre se prépare à commencer le sien. Après avoir été au contact avec le sol, ce membre inférieur commence son mouvement avant par la rotation avant du bassin et la flexion de la hanche concurrente déclenchée par les muscles psoas. Lorsque le membre inférieur passe dans sa phase de suspension avant, les ischio-jambiers s'allongent, limitant l'extension avant de la jambe qui a été allongée par le quadriceps. La jambe et le pied commencent à descendre vers le sol, en même temps que le torse accélère, créant une ligne verticale de la tête au pied à l'impact.

Remarquez que deux cycles, un pour chaque membre inférieur, se produisent simultanément. Lorsqu'un pied décolle du sol pour commencer sa phase de suspension, l'autre jambe se prépare à entamer sa phase d'appui. Du fait de la nature dynamique du mouvement de course, il est difficile d'isoler l'anatomie impliquée car, contrairement à la marche, l'énergie potentielle (l'énergie stockée dans le système physique) et l'énergie cinétique (l'énergie d'un corps produite par son propre mouvement) sont simultanées. Les muscles mobilisés dans la course à pied sont constamment sollicités à la fois en tant qu'agonistes, muscles moteurs, et en tant qu'antagonistes, muscles d'opposition ou de stabilisation. Pendant le cycle de la marche, les muscles sont soit l'un, soit l'autre. Le rôle du tronc pendant la phase d'appui est le même que pendant la phase de suspension il assure la stabilité du haut du corps, ce qui permet au bassin de pivoter et de tourner normalement. Comme le cycle de la foulée est défini par un mouvement simultané de chaque membre inférieur en phase d'appui ou de suspension, la stabilisation du bassin pour que ce mouvement puisse se faire normalement est importante. il suffit de dire qu'un tronc instable risque d'entraîner des blessures, car le cycle de la foulée est alors mal impacté. Les membres supérieurs servent également à la stabilisation et à l'équilibre, mais de manière légèrement différente. Chaque membre supérieur contrebalance le membre inférieur opposé, de sorte que lorsque le membre inférieur droit part en avant, le membre supérieur gauche part aussi, et vice versa. De même, les membres supérieurs se contrebalancent mutuellement, assurant la stabilité et une bonne posture du torse tout en permettant un mouvement des membres supérieurs avant et arrière, sans mouvement de bascule latéral. Un mauvais port des bras finit par faire perdre au coureur à pied à la fois en efficacité de course (la longueur de la foulée est raccourcie parce que les jambes suivent » le mouvement de bascule latérale des bras et se balancent légèrement) et en économie de course (une mauvaise forme de course augmente considérablement la consommation d'énergie).

Une fois que l'on a compris que dans le cycle de la foulée, les deux membres inférieurs exécutent un cycle simultanément et que la même anatomie (à savoir, les muscles, les tendons et les articulations) exécute des fonctions simultanément, on imagine facilement qu'il peut se produire une rupture, ou un défaut, dans la chaîne cinétique. Cette rupture est généralement causée par des déséquilibres biomécaniques inhérents qui sont exacerbés par la répétition dynamique du mouvement de course. Par exemple, le groupe des quadriceps et le groupe des ischio-jambiers sont tous les deux impliqués dans la phase de réception du cycle de la foulée. Le groupe de quadriceps sert à étendre le membre inférieur et les ischio-jambiers limitent la flexion du genou. Le groupe des quadriceps étant considérablement plus fort, les ischio-jambiers doivent être en mesure de travailler au mieux de leur capacité pour que le mouvement reste fluide. Un déséquilibre provenant d'une faiblesse ou du manque de souplesse des ischio-jambiers se soldera par une blessure. C'est juste un exemple évident des risques de blessures dues à des déséquilibres anatomiques. Pour contrer, entre autres, ce scénario, ce livre présente un programme complet de musculation. Les exercices sont conçus pour se compléter les uns les autres en développant à la fois les muscles agonistes et antagonistes ainsi qu'en renforçant les articulations.

 

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